Les défis des nouveaux beaux-parents

Les défis des nouveaux beaux-parents

Devenir la belle-mère ou le beau-père des enfants de son conjoint, c’est s’élancer dans l’inconnu par amour. Dans ce cas, mieux vaut prévoir une botte secrète : la tolérance.

« Généralement, le beau-parent n’a pas de rôle parental. Si les beaux-enfants sont très jeunes, ils attendent de l’affection. Les autres n’attendent rien. L’exercice d’une autorité peut créer des conflits avec le parent naturel, mais il n’y a pas de généralités », commente Michel Moral, psychologue clinicien.

L’absence de rôle préétabli exige que chacun se débrouille pour trouver sa place.

Des heurts inéluctables entre enfants et beaux-parents

Les tensions, conflits autour des enfants ou entre les enfants de chaque conjoint sont inévitables.

Rompre le lien conjugal tout en sauvegardant le couple parental dont les enfants ont besoin relève de la gageure et relègue souvent le beau-parent sur le banc de touche. Il peut y demeurer tant que le parent légitime ne parvient pas à accorder pleinement sa place au nouveau venu, ce qui ne facilite pas le lien avec les beaux-enfants. Les mères, en particulier, ont tendance à freiner le processus.

« Une mère n’est pas préparée à accepter que son enfant ait une belle-mère, la difficulté est d’autant plus importante que l’enfant est petit car la relation est encore très physique, cela demande un gros travail », explique Catherine Audibert, psychologue et psychanalyste.

On n’est pas forcé d’aimer les enfants de l’autre

Les mères obtenant souvent le droit de garde, on a beaucoup parlé de la souffrance des pères séparés de leurs enfants et de la souffrance des enfants séparés de leur papa, mais on s’est peu intéressé à celle des beaux-parents réduits au rôle de plante verte », remarque Catherine Audibert.

Elle conseille aux parents biologiques de ne pas se sentir menacés. Les enfants ne comparent pas, ils ne sont pas dans la confusion. S’ils éprouvent de l’affection pour leur beau-père ou belle-mère, ils doivent pouvoir l’exprimer sans avoir le sentiment de trahir leur parent naturel.

On n’est pas forcé d’aimer les enfants de l’autre, ils ont des valeurs et des comportements différents. La proximité est moins grande qu’avec ses enfants, mais il est nécessaire d’être fair-play », ajoute Michel Moral.

Tout n’est pas rose dans les familles recomposées, mais dans les familles traditionnelles non plus. Il serait pourtant absurde de noircir le tableau.

Un nouveau statut juridique pour le beau-parent ?

L’avis d’Irène Théry, sociologue :

« Les familles recomposées sont tellement diverses qu’il est impossible de rassembler tous les beaux-parents sous un même statut. Tout le monde s’accorde pourtant à dire qu’il faudrait ouvrir des possibilités juridiques pour résoudre les questions de vie quotidienne et ouvrir des droits de succession. Des milliers de beaux-parents exercent, de fait mais pas de droit, des responsabilités parentales et cela pose parfois problème avec l’école ou la médecine.

Une légalisation du partage de l’autorité parentale, avec l’accord des parents biologiques, pourrait être envisagée. Certains beaux-parents, très attachés à leurs beaux-enfants, souhaitent leur léguer leurs biens. Or, ce lien n’étant pas reconnu, rien n’est prévu pour faciliter cette transmission. »