Déjouer le chantage affectif

Déjouer le chantage affectif

Le chantage affectif se pratique à tout âge, entre parents et enfants, entre conjoints, entre amis... Et même s'il part parfois d'un bon sentiment, il faut savoir déjouer ses mécanismes et ne pas se laisser culpabiliser.

Dans les dynamiques familiales, désormais, ce sont les impératifs affectifs qui dominent. L'amour idéalisé doit procurer le bonheur, l'épanouissement de chacun. En même temps, les couples ont de plus en plus conscience de leur fragilité, c'est pourquoi le chantage affectif intervient très vite.

Une question de confiance

Le plus souvent le chantage joue sur le sentiment de culpabilité. Certaines personnes y sont particulièrement sensibles. Elles se remettent constamment en question, ont peur de se montrer 'égoïstes'… et se laissent mener par le bout du cœur. Car ce dont on a peur, fondamentalement, c'est de perdre l'amour de l'autre. Et c'est bien ce qui lui donne sur nous un tel pouvoir.

Une prise de pouvoir en douceur

Paradoxalement, le chantage affectif part parfois d'un bon sentiment. Certains redoutent tellement de recourir à la domination brutale qu'ils essaient d'amener l'autre à se conformer à leurs desiderata par ce biais détourné. En évitant de donner un ordre, on s'épargne le conflit direct.

La frontière peut sembler subtile entre exprimer un désir et exercer une pression coupable. En fait, tout est dans l'intention et le contexte. Ou les relations sont équilibrées, ou c'est toujours le même qui impose ses désirs. Si l'un de nos proches - amie, mari, enfant - commence à devenir tyrannique, c'est un signal d'alarme.

Savoir dire non à son enfant

Le chantage affectif se pratique très tôt… et l'on voit de plus en plus de parents y céder. Ils désirent tellement rendre leur enfant heureux que, s'il boude ou pleure, ils sont tristes de le sentir triste. Mais alors il n'y a plus de frontières : si l'adulte est dans la tête de l'enfant, il ne tient plus sa place. L'autorité, c'est marquer une différence, une hiérarchie entre soi et l'autre. Et supporter que l'enfant traverse un désagrément pour son bien à long terme.

Lorsqu'un enfant se montre trop capricieux, nous sollicite en permanence, sans doute est-on allé trop loin. Il existe une différence fondamentale entre un enfant qui exprime clairement un désir, et celui, nerveux, bougon, dont les demandes réitérées ne font que traduire un malaise. Dans ce dernier cas, céder à sa volonté ne fera qu'aggraver la situation. Il ne faut surtout pas prendre ses demandes au pied de la lettre, mais essayer de percevoir ce qui se cache derrière : souvent, le besoin d'être rassuré par des limites, ainsi que des difficultés de séparation.

Le chantage n'est-il pas aussi une tentative pour retenir l'autre, à laquelle on se soumet parce qu'on est dans une relation fusionnelle ? Sans doute nous faut-il réapprendre à dire "non" à notre enfant et être vigilant pour ne pas se laisser manipuler… ni manipuler les autres. Car la menace, on l'a vu, nous guette de toute part.