Comment soigner le psoriasis ?

Maladies

Le psoriasis est une affection bénigne souvent mal vécue pour ses conséquences esthétiques. Des médicaments existent pour le soigner.

Le psoriasis est une des affections dermatologiques les plus fréquentes, puisqu'il touche 3 % à 5 % de la population, hommes et femmes confondus. La vie professionnelle et personnelle de ceux qui en sont atteints s'en trouve souvent affectée. L'apparition, sur la peau et le cuir chevelu, de plaques rouges recouvertes de grosses croûtes blanches qui desquament quand on les gratte sonne le début d'un parcours décourageant entre médecins se disant impuissants ("C'est psychosomatique !") et inconnus suspicieux ("C'est pas contagieux, au moins ?").

Le plus commun : un psoriasis éruptif

Le psoriasis vulgaire, caractérisé par des plaques recouvertes de squames nacrées, constitue environ 95 % des cas. Lorsque les lésions sont multiples et de petite taille, en forme de gouttes rouges et écailleuses, on parle de psoriasis en gouttes.Il s'agit habituellement d'un psoriasis éruptif, qui surgit chez l'enfant et l'adolescent à la suite d'une angine et régresse spontanément en quelques semaines.

Pustules et rhumatismes

Une fois sur dix, le psoriasis installé se complique de pustules laiteuses, souvent localisées aux mains et aux pieds. Il peut également, dans 10 à 20 % des cas, s'accompagner d'un rhumatisme inflammatoire de certaines articulations, en particulier le genou.

Une multiplication accélérée des cellules

Quel que soit le type de psoriasis, le mécanisme est le même : la vitesse de multiplication des cellules de l'épiderme, les kératinocytes, augmente sous l'effet de certains facteurs (fatigue, stress, infections…), et si l'on y est génétiquement prédisposé. Conséquence ? Le renouvellement des cellules s'effectue en trois à cinq jours au lieu des vingt-huit habituels. Cet emballement provoque une accumulation de couches cornées.

Les traitements locaux sont-ils efficaces ?

Les soins locaux les plus utilisés sont des crèmes (parfois des lotions). Les premières, à base de cortisone (dermocorticoïdes), ont un puissant effet anti-inflammatoire et ralentissent la prolifération des kératinocytes. Elles sont particulièrement indiquées en traitement d'urgence et pour des applications dans les régions pileuses ou les plis cutanés. Mais leur principal effet secondaire, l'atrophie de la peau en cas d'utilisation très prolongée, limite leur usage.

D'autres crèmes contiennent un dérivé de la vitamine D3, le carcipotriol, qui bloque la prolifération des cellules mais irrite la peau et, à fortes doses, entraîne un taux anormalement élevé de calcium dans le sang. Les crèmes dérivées de la vitamine A se sont révélées efficaces sur la desquamation des plaques et la régulation de l'activité cellulaire.

Il faut cependant l'associer à un corticoïde pour diminuer l'irritation qu'elle provoque.

Et les traitements généraux ?

Lorsque les traitements locaux ont échoué, on peut recourir à des traitements généraux, comme la photothérapie. Bien adaptée au psoriasis étendu, l'exposition aux rayons ultraviolets entraîne un blanchiment des lésions dans trois cas sur quatre. Mais il faut faire attention au risque de cancer cutané chez les patients à peau claire.

D'autres médicaments (le méthotrexate et la ciclosporine), en injections intramusculaires une fois par semaine, ont une efficacité remarquable. Autre solution particulièrement efficace dans les formes pustuleuses : les comprimés dérivés de la vitamine A (rétinoïdes). Mais tous ces médicaments ont des effets secondaires importants et sont réservés aux cas graves. Ils imposent une surveillance régulière du foie et sont contre-indiqués chez la femme enceinte. Ils peuvent d'ailleurs entraîner des anomalies graves chez le fœtus, jusqu'à deux ans après leur arrêt. C'est pourquoi on les réserve aux hommes et aux femmes ménopausées.

Nos conseils

Résister à la tentation du grattage

Cela multiplie par 7 la vitesse de renouvellement des cellules. Appliquer plutôt un tissu imbibé d'eau salée, pour réhydrater la peau.Pour les mêmes raisons, ne pas retirer les peaux mortes sur coudes et genoux.

Éviter de se laver avec des savons alcalins

Ils décapent la peau. Après la toilette, nourrir la peau avec des produits hydratants et riches en corps gras.

Ne pas surcharger le foie par une alimentation trop riche en matières grasses…

Un espoir de vraie guérison

Tous ces traitements requièrent de la patience, leur action n'étant souvent visible qu'après un mois. Comme il est indispensable d'hydrater quotidiennement sa peau, les malades passent deux heures par jour à tous ces soins… et se découragent souvent. L'espoir n'a pourtant jamais été aussi grand. Une nouvelle crème associe enfin corticoïdes et analogues de la vitamine D, permettant de passer de deux applications par jour à une seule.

Surtout, une nouvelle famille de médicaments issus de la biotechnologie (les anti-TNF) luttent de manière plus sélective sur le lymphocyte T de la peau. Il en existe déjà quatre, offrant des possibilités différentes : à l'action très rapide ou induisant une rémission plus prolongée, agissant ou non sur les articulations. Pour le moment, ils sont utilisés en centre hospitalier pour des patients en échec avec les traitements classiques. Ils ne réussissent encore qu'à trois malades sur quatre, mais pourraient, à terme, restaurer une réponse immunitaire normale pour tous et donc une rémission … à vie.

"D'ores et déjà, en conjuguant toutes les armes, il est possible d'éviter les rechutes", soutient le Pr. Louis Dubertret (hôpital St-Louis, Paris). Il est cependant primordial que le choix du traitement se fasse en dialogue avec le patient, en fonction de la stratégie la plus adaptée à sa vie.”