Asthme et allergies : le traitement d’abord !

Asthme et allergies : le traitement d’abord !

Un patient sur deux n’observe pas son traitement et ne soigne que les symptômes d’urgence. Erreur : les traitements de fond et de crise vont de pair !

Au bout de six mois, toutes maladies chroniques confondues (allergies, diabète, hypertension…), la moitié des patients ont cessé de prendre scrupuleusement leurs médicaments et de suivre les recommandations d’hygiène de vie associées.

Le traitement de fond souvent délaissé

Trop souvent, ils se contentent des médicaments à prendre en urgence - lorsque l’allergie s’aggrave, lorsque l’asthme décompense -, et ils négligent le "traitement de fond".

Sont regroupés sous ce terme tous les médicaments qu’il convient de prendre régulièrement pour que l’organisme soit moins réactif aux facteurs déclenchants des crises.

En l’occurrence, pour l’asthme, les antileucotriènes et les corticoïdes inhalés ; pour les allergies, la désensibilisation (processus consistant à rendre l’organisme tolérant vis-à-vis des allergies).

La lassitude face au traitement

"Observer" son traitement, c’est le suivre à la lettre. Si l’information est fondamentale, elle n’est pas suffisante ! Et l’on rencontre, y compris dans les catégories sociales les plus favorisées, des comportements de santé aberrants… Pourquoi ?

Demandez-vous d’abord si, pour une angine ou une otite, vous respectez scrupuleusement la prescription. N’avez-vous pas tendance à oublier vos comprimés dès que vous vous sentez mieux ?

Si on néglige déjà un traitement court, qu’en sera-t-il du suivi d’une pathologie chronique ? Même si la motivation était présente au départ, la lassitude finit par s’installer, d’autant que les bénéfices du traitement sont difficilement perceptibles.

Bénéfices du traitement peu mesurables

Un asthmatique constate immédiatement l’effet de la Ventoline ® qui stoppe miraculeusement une crise débutante, mais il a du mal à mesurer la diminution du nombre et de la sévérité des crises lorsqu’il prend bien son traitement de fond.

En France, la prévention est une idée neuve. On va chez le médecin pour faire taire au plus vite des symptômes gênants, pas pour "rester en bonne santé". S’y ajoutent d’autres raisons : peur des effets secondaires réels ou imaginaires, vacances, méconnaissance de la gravité de la maladie, déni…

Et puis le malade traverse des périodes critiques. De nombreux enfants se mettent à prendre leurs médicaments de façon désordonnée à l’adolescence. En France, un ado décède d’une crise d’asthme toutes les deux semaines.

Asthme et apprentissage des soins

Expliquer, simplifier, motiver. Ces trois mots sont à la base d’un traitement bien suivi. Les recommandations de l’ARIA (Allergic Rhinitis and its Impact on Asthma) sont claires :

  • coordonner la prise des traitements (tous en même temps à certaines heures de la journée) ;
  • disposer d’outils de rappel (pour une désensibilisation, un sablier sur la porte du frigo, indiquant les 2 minutes où l’on doit conserver les gouttes sous la langue) ;
  • installer une "routine" pour intégrer la prise de médicaments dans ses habitudes, avoir des instructions écrites ;
  • installer une relation médecin-patient de qualité.

C’est le praticien qui va désamorcer les fausses croyances comme "la cortisone, c’est dangereux", "la désensibilisation, c’est fastidieux", "la désensibilisation à une allergie en fait naître d’autres…".

Il va trouver les blocages, les leviers pour agir (notamment les projets non réalisés à cause de la maladie), et déterminer les personnes de l’entourage capables de motiver le patient.

Aujourd’hui, tant pour l’asthme que pour les allergies, on dispose de traitements efficaces, simples d'administration, avec peu d’effets secondaires. Et ça, beaucoup de patient l’ignorent !

Des résultats probants

Meilleur sommeil, crises moins fréquentes et moins graves, qualité de vie améliorée, consommation réduite de traitements d’urgence, reprise d’une vie sociale et sportive normale, réduction de l’absentéisme scolaire, diminution de 40 % du recours aux urgences, tels sont les gains d’une éducation thérapeutique bien suivie (étude Blais, Québec).

Et surtout, à plus long terme, la stabilisation, voire la régression, de la maladie est observée : prévention de l’apparition d’autres allergies, diminution du risque pour l’enfant de voir sa rhinite se transformer en asthme.

Les écoles de l’asthme

L’asthme ne se subit pas, il se maîtrise. C’est le leitmotiv des médecins qui pratiquent dans des "écoles de l’asthme". Ces structures proposent deux ou trois rendez-vous tous les six mois. Le premier dure une journée entière. Il débute par un bilan médical et se poursuit par des rencontres avec des kinés, des infirmières et d’autres patients.

On y apprend à :

  • connaître les médicaments et leur mode d’action ;
  • s’administrer correctement les traitements inhalés ;
  • gérer la crise ;
  • identifier ses signes de gravité.

Web : www.asthme-allergies.org.

Il existe aussi des structures mises en place par le Comité national des maladies respiratoires (www.lesouffle.org). Enfin, pour les allergies respiratoires, des conseillères en intérieur peuvent venir faire la chasse aux allergènes à votre domicile !