5 méthodes pour soulager l'arthrose

5 méthodes pour soulager l'arthrose

L’arthrose fragilise de nombreuses articulations : genoux, hanches, mains, vertèbres. À défaut de guérir, il est possible d’atténuer la douleur et de garder une bonne mobilité.

L’arthrose est une véritable maladie de l’articulation et non une simple usure du cartilage liée à l’âge, contrairement à ce que l’on pense souvent. Si elle augmente avec le temps, elle peut aussi toucher des personnes jeunes, à la suite d'un traumatisme du genou chez un sportif, par exemple.

Le lien entre obésité et arthrose

Par ailleurs, le lien entre obésité et arthrose est aujourd’hui bien établi.

Il s’explique par l’effet mécanique qui pèse sur les articulations, mais pas seulement, explique le Pr Francis Berenbaum, chef de service rhumatologie à l’Hôpital Saint-Antoine à Paris. Les molécules inflammatoires produites par le tissu adipeux en excès s’attaqueraient au cartilage, comme les études récentes tendent à le prouver. Le traitement de l’obésité a donc un effet positif sur l’arthrose. 

Il existe différentes solutions pour traiter les principaux symptômes de l’arthrose, la douleur et la raideur. Le traitement le plus efficace consiste à associer des moyens médicamenteux et non médicamenteux, notamment une activité physique douce (marche, natation, assouplissements...).

Antalgiques et anti-inflammatoires, pour calmer la douleur

Le premier antalgique recommandé est le paracétamol, à dose suffisante (maximum 3 à 4 g par jour) pris sur de longues périodes.

Si nécessaire, le médecin peut prescrire des antalgiques plus puissants ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l’aspirine ou l’ibuprofène, notamment lors des poussées inflammatoires.

Il faut les prendre sur une durée limitée et ne jamais en absorber plusieurs en même temps car ils entraînent des troubles digestifs. Les AINS locaux en pommade, gel ou patch peuvent agir rapidement et sans effets secondaires, surtout sur les petites articulations.

Enfin, on peut essayer les antiarthrosiques symptomatiques d’action lente, à base d’extraits d’avocat et de soja, de chondroïtine, glucosamine ou diacéréine.

 Pris tous les jours, ils agissent sur la douleur, seulement après plusieurs semaines. Ils entraînent peu d’effets secondaires, ou même pas du tout, mais leur efficacité reste controversée. Et ils sont peu ou ne sont pas remboursés , remarque le Pr Francis Berenbaum.

Des infiltrations pour les crises sévères

Lors des crises sévères, des injections de corticoïdes dans l’articulation soulagent assez rapidement la douleur en réduisant la congestion, avec peu d’effets indésirables. Il est recommandé de ne pas dépasser trois injections par an et par articulation. Ces injections sont remboursées par l’Assurance-maladie.

L’injection d’acide hyaluronique à l’origine réservée à l’arthrose du genou est maintenant utilisée pour la hanche et les mains. Cette substance, qui est le principal composant du liquide synovial, agit comme lubrifiant et amortisseur.

À raison de trois injections, une fois par semaine, les effets bénéfiques apparaissent deux et quatre semaines après la première injection et peuvent durer six mois ou un an. Ces injections ne sont remboursées que pour le genou et peuvent être renouvelées tous les six mois.

Activité physique et kiné, pour améliorer la mobilité articulaire

L’arthrose est souvent un frein à la mobilité. Pourtant, le mouvement est bénéfique pour le cartilage car il stimule son renouvellement.

Une activité physique adaptée contribue à réduire les douleurs, à améliorer la mobilité articulaire, à conserver aux muscles et aux tendons leur souplesse et leur force. Elle aide aussi à lutter contre le surpoids.

Toutefois, durant les crises douloureuses aiguës, lorsque l’articulation est sensible, chaude et douloureuse, il faut la laisser au repos.

Marche, vélo, natation, assouplissements, musculation… Les activités douces et progressives sont idéales. Quelques séances de rééducation chez un kinésithérapeute peuvent être un bon moyen d’apprendre des mouvements que l’on peut refaire chez soi.

Les bienfaits des cures thermales

Les bienfaits des soins dispensés dans les établissements thermaux (applications de boues, massages, douches…) sont difficiles à évaluer, mais plusieurs études ont cependant montré un réel bénéfice sur la douleur et la mobilité dans l’arthrose du genou, de la hanche, de la main et du dos.

L’étude Thermarthrose, réalisée en 2009, a montré une amélioration sur l’arthrose du genou chez 50,8 % des personnes bénéficiant de soins dans les établissements thermaux. Un bénéfice qui perdure neuf mois plus tard pour 25 % des patients.

En France, 73 établissements thermaux bénéficient d’un agrément en rhumatologie.

La pose d’une prothèse : dans quels cas ?

Sauf cas particuliers, la seule chirurgie efficace est l’arthroplastie, qui remplace l’articulation lésée (hanche, genou et parfois épaule) par une prothèse.

Elle est recommandée uniquement en cas de douleur résistant à tous les autres traitements, associée à un vrai handicap et à des lésions radiographiques visibles.

L’âge du patient, son état de santé, ses besoins et ses attentes, influent bien sûr sur la décision médicale d’opérer ou non.

 La prothèse permet de récupérer une bonne fonction articulaire en termes de souplesse et de stabilité et de faire disparaître la douleur dans 80 % des cas. Sa durée de vie est de quinze ans environ, précise le Pr Francis Berenbaum.